L’habitabilité de la planète pour les humains et de multiples espèces est en grand danger. Or, pour sa survie, l’humanité actuelle dépend d’une organisation sociale et d’infrastructures dont on voit qu’elles ne pourront être indéfiniment maintenues. Qu’on le désire ou non, nous ne pourrons pas, matériellement, nous contenter de verdir ces réalités néfastes, de les rendre plus efficientes, de consommer moins, de produire moins. Si ces efforts peuvent contribuer à atténuer les dégâts, leurs effets sont totalement insuffisants face à l’ampleur de la menace.

Impossible aussi d’imaginer une solution plus radicale, qui nous permettrait de quitter notre mode de vie dans une sorte de rupture bucolique, immédiate et sans frais, pour repartir d’une page vierge de tout héritage.

Comment faire face à ce dilemme cornélien ?


Il est temps de « penser l’impensé », d’explorer nos angles morts, nos zones de déni ou d’aveuglement. C’est notamment la question du renoncement, de l’arrêt, de la fermeture ou du démantèlement de toutes ces réalités qui menacent la viabilité du système Terre et l’habitabilité humaine. Ces « communs négatifs » composent notre cadre de vie et il nous faut les lâcher dans de bonnes conditions environnementales, sociales et politiques.

Alexandre Monnin nous invite, sur “une ligne de crête”, à penser les moyens d’anticiper un tel détachement juste et non brutal de ces communs négatifs, avec une attention particulière pour les populations les plus fragiles. Il nous propose de politiser le renoncement (titre de son livre), en partant de là où on est réellement.

« Politiser la situation nécessite d’élargir le public concerné pour remonter aux causes, déterminer les responsabilités, demander réparation, mettre en place des formes de solidarités, prévenir les récidives, intéresser à une cause, etc. A chacune de ces étapes, les échelles et les acteurs varient. » Alexandre Monnin

Alexandre Monnin est philosophe. Il a co-initié le courant de la redirection écologique, et travaille sur les enjeux de la soutenabilité forte et les conditions politiques de la sortie des trajectoires non viables. 

Auteur d’une thèse sur la philosophie du Web, passé par l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou, ancien chercheur chez Inria et initiateur du DBpedia francophone, Alexandre a travaillé une quinzaine d’années dans le numérique.

Il est notamment enseignant-chercheur à l’école Centrale Méditerranée et directeur scientifique du programme POPSU Transition Nice Côte d’Azur. Il a notamment co-écrit Héritage et Fermeture, Une écologie du démantèlement (Divergences, 2021) et publié, seul, Politiser le renoncement (Divergences, 2023).

Parmi les questions soulevées :

  • Comment est né votre intérêt pour ce sujet ?
  • Qu’est-ce qui menace l’habitabilité de la terre pour les humains notamment ?
  • Qu’entendez-vous par « redirection écologique » et par « héritage » ?
  • Et qu’appelez-vous « communs négatifs » ? 
  • Comment se détacher de cette part néfaste ou nocive de nos héritages ?
  • Quels exemples aideraient à comprendre les freins, défis et démarches possibles ?
  • Comment, concrètement, accompagner ces redirections ?
  • Et maintenant, que faire de tout cela ?

Si vous le pouvez, pensez aussi à nous soutenir…

Si vous appréciez nos rencontres, vous pouvez apporter un soutien même modeste sur la page Tipeee de notre association sans but lucratif Magna Re. Chaque geste compte. Merci d’avance.

Pour en savoir plus sur le livre « Politiser le renoncement », c’est ici.

Pour découvrir des exemples pratiques de renoncement, c’est ici.

A bientôt…